LES GASPÉSIENS MÉTISSÉS SONT NOMBREUX SUR LE TERRITOIRE
Par Lucien Gignac | Publié : 26 avril 2010
En Gaspésie, la population serait métissée à un taux exceptionnellement élevé.

Ariane Aubert Bonn      JOURNAL ÉCHO DE LA BAIE
Dossier Éolien – 26 avril 2010

RÉJEAN MARTEL, Généalogiste pour la Communauté Métisse de la Gaspésie:
Téléphone : 1-418-782-2306
1630 route 132 Ouest
Cap-d’Espoir
G0C 1G0
(Qc) Canada
                                                                                                                                        Photo Ariane Aubert Bonn
   Les traits de couleur indiquent les ancêtres métissés du sujet de l’arbre généalogique. Ce phénomène s’explique par l’arrivée des colons par petits groupes. Le Journal a rencontré un spécialiste de la généalogie de Cap d’Espoir, Réjean Martel, qui a dressé un portrait de la situation. Ayant, lui-même contribué à la rédaction d’ouvrages généalogiques sur les familles de la région, Réjean Martel s’intéresse particulièrement au phénomène de métissage entre les européens et les  amérindiens du territoire depuis la colonisation.

En Gaspésie, le taux de métissage atteindrait les 90% entre Rivière-au-Renard et Paspébiac,  selon M. Martel.

Pour être métis, il suffit de détenir un ancêtre amérindien, peu importe le nombre de génération. Le métissage se transmet des parents aux enfants, au même titre qu’une nationalité. Au Québec, le statut de métis ne représente pas officiellement une classe particulière. Plus de détails sur le sujet se trouvent au www.metisgaspesie.org. Réjean Martel identifie les métis du territoire en produisant leur arbre généalogique en collaboration avec la Communauté Métisse de la Gaspésie.

Faits historiques en Gaspésie
    La raison pour laquelle le taux de métissage pourrait atteindre les 90% en Gaspésie est, selon M. Martel, intimement liée avec la façon dont les colons se sont approprié le territoire. Contrairement aux régions plus peuplées du Québec, les blancs sont arrivés en Gaspésie par petits groupes. Ils représentaient donc une minorité par rapport aux Amérindiens bien implantés sur le territoire. Ce sont donc eux qui se sont intégrés aux Communautés amérindiennes au lieu de les dominer comme ce fut le cas dans d’autres régions. Le métissage s’est par conséquent produit naturellement, raison pour laquelle ce serait en Gaspésie que la Communauté Métisse serait la plus importante au Canada, toujours selon M. Martel. Il ajoute d’ailleurs que la plupart des Gaspésiens sont des «métis qui s’ignorent».

Histoire à réécrire
    Selon Réjean Martel, l’histoire du Québec aurait besoin d’une réécriture qui tient compte de la réalité du métissage. «Dans les livres d’histoire, on parle d'Européens et d’Amérindiens. On oublie la réalité importante du métissage.», indique-t-il. Il précise d’ailleurs que dès 1850, il était possible de compter des familles Métisses dans chaque village de la péninsule Gaspésienne.

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